Régis Buron : "Porter des valeurs"

Régis Buron
13/09/2017

Educateur depuis l'âge de ses 16 ans, Régis Buron est arrivé au Stade Lavallois en 2005 pour prendre en charge l'Ecole de Foot et la préformation où tout était à construire. En douze ans, les choses ont bien évolué et l'Ecole de Foot est désormais l'une des meilleures de la région. Passé par toutes les catégories, Régis accompagne désormais Alexis Chamaret, tout en s'occupant des tout-petits. La relève est assurée !

Retour sur sa carrière, son quotidien et sur son métier d'éducateur qui le passionne.



 

Bonjour Régis, peux-tu nous tout d'abord nous parler de ton parcours ?

 

« J'ai commencé à entraîner à 16 ans, je coachais l'équipe de mes frères à Entrammes, là où je suis né et là où j'ai joué. J'y suis resté jusqu'en 1992 puis de 1992 à 2005 j'étais responsable de l'Ecole de foot et de la préformation de Laval Bourny. En 2005, sous l'insistance de Denis Zanko, je suis venu au Stade Lavallois pour me charger de l'Ecole de Foot dans un premier temps et de la Préformation dans un second temps jusqu'à aujourd'hui où je m'occupe désormais des tout petits, depuis environ 4 ans où j'ai passé la main à Alexis Chamaret pour coacher les plus grands. »

 

 

Combien d'équipes comportent l'Ecole de Foot et la Préformation ?

 

« Nous avons cinq équipes U8-U9, trois équipes U9-U10-U11, trois équipes U12-U13, une équipe U14 et une équipe U15.»

 

 

Comment s'organise ta semaine ?

 

« Comme je vais sûrement bientôt arrêter, mon objectif aujourd'hui est d'aider Alexis Chamaret à prendre la relève mais mon quotidien est encore très rythmé par le Stade Lavallois. Je passe mes semaines entre le club et la section sportive du collège Jules Renard où je suis le représentant du Stade Lavallois et nous entraînons un groupe de 25 jeunes avec Alexis. Je donne un coup de main pour les entraînements des U9-U10-U11 dans la semaine et je gère les U6-U7 les mercredis et samedis. »

 

 

 

Quels sont les objectifs des séances avec les U6-U7 ?

 

« Cette année nous avons cinq U6 et treize U7, les inscriptions se font lors des portes ouvertes que nous organisons chaque année au mois de juin. La première chose est de leur donner des règles, qu'ils n'ont pas forcément à la maison. Nous avons un devoir d'éducation collective mais notre principal objectif est de leur faire aimer le football. L'objectif est aussi de repérer ceux qui ont le plaisir de jouer. Il n'y a pas de sélection après les catégories U6, U7, U8, cela commence à partir des U9 où l'on va faire deux groupes et à la fin de l'année on ne les gardera pas tous.  »

 

 

 

Tu préfères Regis Buron (4)coacher les grands ou les tout-petits ?

 

« Sur le plan footballistique, je préfère gérer une équipe à 11, parce qu'on est dans l'ampleur du jeu, ce que je faisais avec les U13 et que je fais encore de temps en temps lorsqu'il y a besoin sur des entraînements ou des matchs. Mais je prends également un réel plaisir avec les petits, c'est autre chose. »

 

 

 

Quel sont tes meilleurs souvenirs depuis que tu es au Stade Lavallois ?

 

« Les victoires il y en a, les défaites il y en a mais ce n'est pas ce qui me marque le plus. Les choses qui me font le plus plaisir c'est de voir des jeunes que j'ai entraînés poursuivre, comme par exemple Baba Cisse qui joue maintenant en National 3. Ce que j'aime le plus c'est le retour des gamins. J'ai toujours plaisir à revoir des joueurs que j'ai coachés, même ceux qui n'avaient pas été conservés au Stade et qui jouent maintenant à Changé ou autre. »

 

 

Et à l'inverse un mauvais souvenir ?

 

« Nous avons tous pris un coup derrière la tête en fin de saison dernière avec la descente en National de l'équipe première ... »

 

 

Régis Buron (3)

Quelles sont tes satisfactions et les choses que tu aimerais encore améliorer ?

 

« Lorsque j'ai commencé en 2005 place Henri Bisson, j'étais tout seul, maintenant je suis entouré de personnes diplômées, nous avons un organigramme d'éducateurs qui est très satisfaisant. Nous avons déménagé aux Gandonnières en 2012 mais je reste tout de même déçu des infrastructures dont nous disposons en termes de terrains et de vestiaires, qui ne suffisent pas compte-tenu du nombre d'enfants que nous accueillons à l'école de foot. »

 

 

Qu'est ce qui a changé depuis ton arrivée ?

 

« Je pense, en toute modestie, que les choses se sont améliorées, de par notre encadrement qui ne comporte maintenant que des éducateurs diplômés pour chaque catégorie et même des spécialistes de la préparation physique. Nous avons un travail qui est satisfaisant. Si nous avions des conditions de structures autres ce serait encore meilleur. Le petit regret que j'ai, c'est que nous avons 4 filles, de 9 à 12 ans, mais il faudrait qu'on arrive à développer une section féminine, car au-delà de 15 ans elles ne peuvent plus jouer avec les garçons et quittent donc le club. »

 

 

Quel est le rôle des dirigeants bénévoles de l'Association ?

 

« Nous avons des parents bénévoles, qui deviennent des dirigeants bénévoles, qui ont pour rôle de nous accompagner, tout en gardant la distance par rapport à leurs enfants. Ils nous aident sur les déplacements, ils nous apportent une aide matérielle à la préparation du match (maillots, ballons, préparation des terrains, accueil de l'arbitre etc ...) et ils nous aident sur des évènements ponctuels comme le Tournoi annuel U13 par exemple. Ils font en sorte que nous n'ayons que le match sur le plan sportif à gérer. Chaque équipe a un voire deux dirigeants qui les accompagnent. Les équipes du Centre de Formation (U16 à N3) ont aussi un dirigeant de l'Association qui les aide à chaque match. »


« Il y a aussi des dirigeants bénévoles au comité directeur de l'Association. Je souhaite à l'occasion saluer le travail d'Hubert Bergue, car lorsque je suis arrivé au Stade Lavallois, nous étions tous les deux, moi sur la partie sportive et lui gérait la partie administrative.  Et si aujourd'hui il y a le tournoi annuel U13, c'est en grande partie grâce à lui qui souhaitait organiser un évènement qui nous identifie. »

 

 

Qu'Regis Buron (2)est ce qui te plaît le plus dans ton métier ?

 

« Le contact avec les enfants, les jeunes. J'aime transmettre. Le football est une chasse au trésor pour moi et le trésor est de trouver un bon joueur, de trouver le plaisir. Ce que je préfère aussi, c'est vivre avec les autres éducateurs qui sont devenus des amis. Même si les choses ne sont jamais aussi parfaites qu'on le souhaite mais c'est super d'échanger, de partager sa passion avec les autres éducateurs, de vivre ensemble et aussi de voir les jeunes progresser. S'il y a un joueur qui joue à l'école de foot et qui devient joueur professionnel un jour ce sera un peu notre fierté mais surtout notre bonheur de le voir réussir. »

 

 

 

Quel est pour toi le rôle d'un éducateur ?

 

« Pour moi, un éducateur doit d'abord porter des valeurs de respect, des valeurs pédagogiques, de patience, de persévérance car on n'obtient jamais ce qu'on souhaite en claquant des doigts. Il doit également porter des valeurs humaines, être un exemple, que toutes ces valeurs soient lisibles sur la personne. »

 

 

Regrettes-tu quelque chose dans ta carrière ?

 

« Il y a toujours une chose que j'ai regrettée, c'est de ne pas avoir signé au Stade Lavallois quand j'en ai eu l'occasion. Lorsque j'avais 14 ans, Michel Le Milinaire et Henri Bisson était venus voir mes parents pour que j'intègre le Stade Lavallois mais mon père n'avait pas voulu à l'époque car il était commerçant à Entrammes et souhaitait que je joue dans l'équipe du village, et il n'avait pas forcément le temps de m'emmener aux entraînements. Mon regret est de ne pas avoir eu un entraîneur, je n'ai pas été entraîné par quelqu'un d'autre. J'aurais simplement aimé avoir l'œil de quelqu'un d'autre pour me corriger. Mais bon, c'est du passé, c'est oublié maintenant ! »

 

 

 


Baba Cissé, milieu défensif âgé de 18 ans et arrivé au club à l'âge de 8 ans, nous parle de Régis :

 

 

« Je connais Régis BuroN3 Laval - Poirén depuis la catégorie débutant, il n'avait pas d'équipe particulière, il s'occupait de presque toutes les équipes, non pas pour coacher mais pour superviser. Je l'avais aussi en section sportive à Jules Renard de la 6ème à la 3ème. Régis est quelqu'un de dur, il veut toujours plus, il ne veut pas de relâchement. On doit toujours être au plus haut niveau mais cela ne l'empêche pas d'être très à l'écoute, on peut lui parler quand on veut. Il m'a appris à ne jamais lâcher, même lorsque je faisais de bonnes performances, il me disait de faire encore mieux, de toujours viser plus haut. Il m'a fait progresser mentalement, je pense que c'est en partie grâce à lui que j'ai joué dans toutes les équipes jeunes et que je m'entraîne aujourd'hui régulièrement avec les professionnels. »